Projet REDD+ de la Mé

Projet de lutte contre la déforestation et la dégradation des forêts de la Mé

 

  • Lancement : Décembre 2016 / Durée : 3 ans / Budget : 2,5 M€
  • Partenaires terrain : Ministère de la Salubrité, de l'Environnement et du Développement Durable (MINSEDD), Corps Préfectoral, Services Techniques Déconcentrés (Agriculture, Eaux et Forêts, Environnement, etc), Conseil Régional de la Mé,
  • Partenaires financiers : République de Côte d'Ivoire et AFD, dans le cadre du Contrat de Désendettement et de Développement (C2D), Conseil Régional de la Mé

 

Contexte
 

Chimpanzé © D. Nature

57% des forêts de Côte d'Ivoire ont disparu entre 1990 et 2015 (BNETD, 2016). Il ne reste plus que 3,4 millions Ha de forêt et ce recul est largement imputable à la culture de cacao dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial.

En dehors du Parc National de Taï (à la frontière du Libéria), c'est dans le sud-est du pays et notamment dans la Région de la Mé que subsistent quelques forêts humides encore peuplées de populations de singes en grand danger.

Investie depuis 2012 dans le processus REDD+, la Côte d'Ivoire se situe aujourd'hui à un véritable tournant de son histoire forestière : laisser disparaitre dans les 10 ans qui viennent ses forêts humides (en dehors du PN de Taï, largement soutenu par la GIZ) ou parvenir à prendre le virage d'une production agricole (et d'une exploitation forestière) plus durable(s).

Tel est l'enjeu de ce tout premier projet REDD+ déployé en Côte d'Ivoire.  

 

 

Carte forestière de la région de la Mé © Etc Terra

Projet

Mis en œuvre conjointement avec le Secrétariat Exécutif Permanent REDD+, le projet vise à décliner localement les options stratégiques REDD+ définies sur le plan national. Il est par ailleurs mis en œuvre à deux échelles d'intervention : celle des Forêts Classées de Mabi-Yaya où est concentré l'essentiel des moyens humains et financiers et celle de la Région de la Mé, du nom de la rivière qui traverse cette région située à 1h de route, au nord-est d'Abidjan (cf carte ci-contre). 
 

Composante 1 : Développement territorial

Via les activités citées ci-dessous, il s'agit d'inscrire le projet dans les dynamiques de décentralisation et de sécurisation du foncier déjà en cours en Côte d'Ivoire :
 

Aménagement du territoire
  • Contribution à l’élaboration et à la mise en œuvre du Schéma  Régional d'Aménagement du Territoire (SRAT) du Conseil Régional de la Mé ;
  • Elaboration participative de Plans de Développement Locaux  (
PDL) dans les 7 villages les plus sujets à déforestation + mise en œuvre via appel à projets locaux (écoles, centres de santé, etc).
 
Sécurisation foncière
  • Sensibilisation de masse menée dans chacune des localités de la région quant aux opportunités 
offertes par la réglementation foncière ;
  • Délimitation des 7 territoires villageois précités et délivrance de certificats fonciers sur 3500 ha (500 ha par village). 
     

Composante 2 : Développement sectoriel

 
Agriculture zéro déforestation
 
 

Cabosses de cacao © Etc Terra

Au coeur du projet, cette composante vise l'accompagnement technique de 2250 ménages (sur une surface minimale de 5 000 Ha) et sera déclinée selon les grandes orientations suivantes : 

 
 
  • Amélioration de la fertilité des parcelles de cultures vivrières (développement des associations café / vivrier notamment) ;


     

  • Augmentation de la valeur ajoutée à l’Ha : face à l'enjeu du renouvellement des vieilles cacaoyères, développement de systèmes agroforestiers associant notamment cacao et/ou hévéa (jungle rubber), implication des producteurs dans le 
commerce du bois aujourd'hui largement sous-valorisé, etc
  • Sécurisation et diversification des revenus : appui conseil à la commercialisation, gestion du risque prix, diversification des revenus dans le temps (mobilisation du système N'kalo, développé par Rongead dans la sous-région).

 

Gestion durable des forêts et reboisement
  • Sensibilisation de masse sur les dispositions du nouveau Code Forestier (2014) ; 
     
     
  • Gestion forestière : appui-conseil auprès de 150 propriétaires de plus de 3 Ha de forêt ;
  • Reboisement : 500 Ha reboisés, dont 50 ha de bois-énergie
 ;

    Préparation de meule améliorée © Makala

  • Appel à projets dédié aux ONG locales déjà engagées dans l’effort de reboisement.

 

Energie domestique durable 
 

Spécifiquement mise en oeuvre le long des principaux axes routiers de la Région (en direction des villes d'Adzopé et d'Alépé) :

  • Développement de la ressource en bois-énergie (cf § Reboisement ci-dessus) ;
  • Formation aux techniques de carbonisation améliorée pour 15 charbonniers (cf photo ci-contre) ;
  • Appel à projets en soutien aux initiatives locales dédiées aux combustibles alternatifs et aux fours améliorés (priorité aux associations de femmes). 

  

Composante 3 : Mesure d'impact et appui au processus REDD+

  • Etablissement d’un Niveau d’Emissions de Référence régional (i.e. projection 2015-2025 des émissions de gaz à effet de serre issues de la déforestation) afin de pouvoir préparer l'extension géographique du projet ;
  • Etablissement d’un Etat de Référence Socio-Economique et Environnemental afin de pouvoir mesurer les effets du projet dans le temps ;
  • Recherche et développement en terme de mesure de la dégradation et de l'accroissement des stocks de carbone forestier.

 

Partenaires

LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE ET l'AGENCE FRANCAISE DE DEVELOPPEMENT financent le projet dans le cadre du Contrat de Désendettement et de Développement (C2D).

Le MINSEDD est le maitre d'ouvrage du projet qui est encadré par un Comité de Pilotage composé des institutions régionales, de représentants de la société civile et du secteur privé (cacao, bois), très demandeur de collaboration en matière de préservation des ressources naturelles.

ETC TERRA - RONGEAD est chargée de la mise en oeuvre du projet. A des fins de transfert de compétences et de renforcement de capacités, le SEP-REDD+ met à disposition du projet des correspondants pour chacune des trois composantes précitées.