MozBio

Appui au développement des communautés riveraines de la Réserve Nationale de Gilé
 

  • Lancement : Juin 2016 / Durée : 2,5 ans / Budget : 1,35 M$
  • Partenaires terrain : Agence Nationale des Aires de Conservation (ANAC) du Mozambique, Fondation Internationale pour la Gestion de la Faune (IGF), RONGEAD
  • Partenaires financiers : Ministère de la Terre, de l’Environnement et du Développement Rural (MITADER) du Mozambique et Banque Mondiale

 

Contexte 

 

La province de Zambézie, dans le nord du Mozambique, possède les étendues de forêts sèches, dites forêts de Miombo, les plus vastes du pays. Elle abrite la Réserve Nationale de Gilé (RNG), longtemps considérée comme un des joyaux de la biodiversité du Mozambique. Cependant, près de 20 ans de guerre civile eurent comme effet collatéral d’en dévaster les infrastructures et d’y réduire à quasiment zéro la grande faune.

  

Depuis 2009, la Fondation Internationale pour la Gestion de la Faune (IGF), dans le cadre d’un accord de co-gestion avec le gouvernement mozambicain, s’emploie à réhabiliter la Réserve en restaurant ses infrastructures, en luttant contre les activités illégales (braconnage, exploitation de bois précieux, etc.) et en réintroduisant des animaux ayant autrefois peuplé la Reserve (buffles, gnous, zèbres…).

Carte de déforestation 1990 - 2013 © Etc Terra

 

 

Cependant, les populations riveraines de la RNG ne perçoivent pas encore entièrement les avantages des politiques de conservation de la Réserve, dont la périphérie fait face à une déforestation alarmante, fruit d’une démographie importante et de techniques d’agricultures sur brulis très consommatrices d’espace. Cette dynamique est malheureusement constatée à l’échelle des 7 districts voisins de la Réserve, où le taux annuel moyen de déforestation a atteint 0,86% par an entre 2010 et 2013.

  

Pour répondre à ces défis, le Gouvernement du Mozambique a lancé en 2014 avec l’appui du Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) un projet pilote REDD+  de Lutte contre la Déforestation et le Dégradation de la Forêt de Miombo dans la RNG, visant à concilier développement économique intégré et préservation de l’environnement, financé par les crédits carbone. Etc Terra participe à ce projet sur la composante de comptabilité carbone et est en charge de la certification du projet via la rédaction du Project Design Document (PDD) qui, une fois validé par les organismes certificateurs internationaux, permettra au Mozambique de vendre les crédits carbone générés par la Réserve (validation prévue en 2017).
En février 2015, le Gouvernement du Mozambique a décidé d’étendre cette initiative à l’échelle d’un programme juridictionnel REDD+ couvrant 9 districts de la Zambézie : le Zambézia Integrated Landscape Management Program (ZILMP). Ce programme, visant à réduire de 30% à 40% la déforestation dans la zone concernée, a fait l’objet en décembre 2015 d’une Lettre d’Intention (LOI), signée entre le Gouvernement du Mozambique et le Fond Carbone du Forest Carbon Partnership Facility (FCPF-CF) de la Banque Mondiale, pour l’achat éventuel de près de 50 millions USD de crédits carbone. Afin d’atteindre cet objectif, un Document de Programme de Réduction des Emissions (ER-PD), actuellement en cours de rédaction, devra être validé par le FCPF-CF fin 2017 : Etc Terra a été chargée par la Banque Mondiale et le Gouvernement du Mozambique d’en piloter la rédaction.
 

 

Projet

Le projet Mozbio est financé par la Banque Mondiale et mis en oeuvre par le Ministère de la Terre, de l'Environnement et du Développement Rural (MITADER) et l'Administration Nationale des Aires de Conservation (ANAC) du Mozambique. Dans le cadre de ce projet de 3 ans, Etc Terra, en consortium avec la Fondation IGF, opère en tant qu’assistance technique pour une des composantes du projet, liée à la gestion durable des ressources naturelles par les communautés locales dans les zones adjacentes à la RNG. Les objectifs sont multiples :

  • Poursuivre les activités de promotion de l’agro-écologie initiées par le projet de Lutte contre la Déforestation et le Dégradation de la Forêt de Miombo dans la RNG pour un développement économique intégré des populations riveraines de la réserve et une meilleure préservation de sa biodiversité ;
  • Travailler à l’échelle des deux districts de Gilé et Pebane pour initier des activités pilotes (décrites ci-dessous) qui permettront de s’attaquer aux principaux facteurs de la déforestation et de promouvoir une gestion durable des ressources forestières et un développement économique durable ;
  • Identifier les activités clefs conduisant à la réduction des émissions qui pourront être répliquées à l’échelle des 9 districts concernés par le ZILMP et qui permettront ainsi de contribuer à la stratégie nationale REDD+ du Mozambique.
     

Composante 1 : Renforcement de la loi et protection de la biodiversité

 

 

Forêts de la RNG vues du Mont Nasser © Etc Terra

Cette composante vise à renforcer les capacités de contrôle des gardes de la Réserve afin de réduire les activités illégales, notamment la coupe de bois précieux, l’orpaillage ou le braconnage. Il s’agira aussi de diminuer le nombre de feux qui parcourent chaque année la RNG durant la saison sèche en sensibilisant les communautés locales par la mobilisation de 240 membres regroupés au sein des 12 Comités de Gestion Communautaire des Ressources Naturelles installés tout autour de la RNG.

 

Composante 2 : Gestion durable des produits forestiers non ligneux

Cette composante permettra d’élaborer avec les communautés locales riveraines de la RNG des plans de gestion des produits forestiers non ligneux (champignons, escargots, etc.) dans de la zone tampon de la Réserve. Les 12 Comités de Gestion Communautaires des Ressources Naturelles seront en charge d’appliquer les recommandations des plans de gestion afin de respecter les quotas de prélèvements pour permettre une gestion durable des ressources bénéficiant aux communautés.
 

Composante 3 : Agriculture de conservation

L’agriculture vivrière sur défriche-brûlis est le premier facteur de déforestation dans la zone de projet. La promotion de pratiques agro-écologiques doit permettre aux agriculteurs de diversifier et d’augmenter leur production agricole et de lutter contre l’appauvrissement de la fertilité des sols. L’objectif est ainsi de réduire la nécessité pour les agriculteurs de défricher de nouvelles terres forestières pour la mise en culture. Les activités prévues sont :

  • La formation et un appui direct à 300 agriculteurs pour l’adoption de pratiques agro-écologiques ;
  • Un appui indirect à 900 agriculteurs par l’intermédiaire des 300 agriculteurs directement appuyé par le projet ;
  • La mise en place de systèmes agro-forestiers avec la distribution (i) de 45 000 arbres fruitiers ; (ii) de couvertures pour la fertilité des sols ou pour la production du fourrage pour les animaux et (iii) de 30 000 anacardiers (l’arbre qui produit la noix de cajou !).
     

Composante 4 : Production de Bio-énergie 

Four à charbon © Etc Terra

Cette composante est mise en œuvre dans les zones de production de charbon approvisionnant les villes de Gilé et de Pebane afin de réduire la déforestation et la dégradation des forêts. Dans la zone de projet, la production de charbon est le 2eme facteur de déforestation après l’agriculture sur défriche-brûlis. Les activités prévues sont : 

  • La formation de 165 producteurs de charbon à des techniques de carbonisation améliorée et de gestion forestière pour une meilleure régénération de la forêt après exploitation ;
  • La plantation de 10 hectares de reboisement d’essence à croissance rapide afin de répondre à la demande en bois énergie.
     

Composante 5 : Gestion forestière durable

Il s’agit de promouvoir la restauration des forêts dégradées et la gestion durable des ressources forestières par les communautés et producteurs bénéficiaires du projet, via :

  • La régénération naturelle assistée (RNA) de 200 hectares de zone forestière dégradée dans la réserve.
  • La gestion de 300 hectares de jachères par des techniques améliorées assurant une meilleure régénération forestière ;
  • 10 pépinières assurant la production de plants d’essences autochtones des forêts du Miombo pour enrichir les jachères ou restaurer les zones dégradées.
     

Composante 6 : Développement de chaîne de valeur de la noix de cajou    

Pommes et noix de cajou © Etc Terra

 

La noix de cajou est une culture de rente très importante pour les producteurs autour de la réserve de Gilé. Cependant les revenus dégagés pourraient être augmentés de manière significative avec une meilleure structuration des groupements de producteurs. Pour cela, le projet prévoit :

  • La formation de 5 000 producteurs de noix de cajou sur les critères de qualité nécessaires pour que les noix de cajou répondent aux règles du marché. Ils bénéficieront aussi de conseils techniques pour l’installation et l’entretien des vergers de cajou en combinaison avec des cultures vivrières (haricots, manioc, etc.) ;
  • La mise en place d’une plateforme de distribution de SMS et la diffusion de message sur les radios communautaires locales informant hebdomadairement les producteurs des prix et des tendances du marché de la noix de cajou ;
  • Une étude de filière sur le potentiel économique de la culture du sésame et de l’arachide.
     

Partenaires

ETC TERRA est en charge de la coordination générale du projet et de la mise en œuvre des activités des composantes 3 à 6.
IGF et la RNG mettent en œuvre les activités des composantes 1 et 2.
RONGEAD appuiera la mise en place des activités d’agriculture de conservation et de développement de la chaîne de valeur de la noix de cajou.
A des fins de transfert de compétences et de renforcement de capacités, le projet travaille en étroite collaboration avec les autorités compétentes aux niveaux des districts de Gilé et Pebane et de la province de Zambézie. Il s’agit notamment de l’Unité Technique REDD+ en charge du développement et de la coordination des activités REDD+ au niveau provincial, ainsi que d’INCAJU, organe chargé de la promotion et du développement de la production de la noix de cajou au Mozambique.

 

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