EAU / GIRE

A l’échelle globale, la croissance démographique, l’évolution des modes de consommation alimentaire et les effets du changement climatique vont sérieusement impacter la disponibilité des ressources en eau et risquent fortement d’exacerber les conflits entre « eau potable » et « eau agricole ». Etc Terra déploie des projets de Gestion Intégrée de la Ressource en Eau (GIRE) pour prévenir ces conflits et concilier sécurité hydrique et sécurité alimentaire.

Chiffres clés

  • Quatre milliards de personnes dans le monde connaissent de sévères pénuries d’eau (Mekkonen, 2016) ;
  • 88% de l'eau utilisée dans le monde sert à la production agricole pluviale et irriguée (IWMI 2007) ;
  • La production agricole devra augmenter de 70 % au niveau mondial d’ici 2050 pour couvrir les besoins alimentaires croissants et elle devra doubler dans les pays en développement (FAO-Solaw 2011).

 

Définition

Etc Terra s'associe pleinement à cettte définition proposée par le Partenariat Mondial de l'Eau qui conçoit la GIRE comme "un processus favorisant le développement et la gestion coordonnés des ressources en eau du sol et des ressources associées, permettant de maximiser les bénéfices économiques et sociaux, de façon équitable sans compromettre la pérennité des écosystèmes vitaux".

 

Notre mode d'action

A l'image du projet Zambazamba, Etc Terra intervient préférentiellement en synergie avec des projets d'Adduction d'Eau Potable mis en oeuvre par ses partenaires : Coopérations Décentralisées et Agences de l'Eau.

Sur les bassins versants considérés, afin de s'inscrire pleinement dans une démarche de GIRE, la première étape vise à rassembler toutes les parties prenantes locales autour de ce concept et à concrétiser cette démarche commune par l'élaboration d'un plan d'aménagement des bassins versants.

Consécutivement, deux grands types d’activités parfaitement complémentaires peuvent alors être mises en œuvre :

 

Protection et accroissement des ressources en amont

Aménagements types © FIBL/FTA

Sur les bassins versants situés en amont des sources sujettes à captages, tout ce qui limite l’évapotranspiration de l’écosystème et tout ce qui favorise l'infiltration de l'eau au détriment du ruissellement agit positivement et ce, tant sur le débit que sur la qualité des eaux captées.
De ce point de vue, c’est une couverture végétale permanente qui constitue clairement la plus efficace des solutions car :

  • Le feuillage protège le sol de l'impact des gouttes de pluies tandis que les tiges et les racines affleurantes constituent des obstacles à l'écoulement superficiel ce qui diminue la vitesse des filets d'eau et par conséquent l’érosion ;
  • Les racines plus profondes des arbres (ou même des herbacées) augmentent la perméabilité du sol. Ces plantes favorisent l’incorporation de la matière organique issue du recyclage des débris végétaux tombés au sol (feuilles, branches) ce qui améliore la fertilité des sols.
     

Utilisation économe de la ressource en eau en aval

Il s’agit avant tout d’accroitre la productivité agricole de l’eau, c’est à dire la quantité de matières (grains, feuilles, etc) produite par m3 d’eau. « More crop per drop », tel est l’objectif à atteindre via la diffusion de diverses pratiques agroécologiques : 

  • Système de Riziculture Intensif (SRI) : repiquage en ligne à large espacement, alternance de périodes d’irrigation et d’assec ; apport de fumure organique et sarclo-binage mécanisé conseillés. Selon une récente étude consacrée à ce système et menée dans huit pays d’Asie, le SRI permet en effet une économie d'eau moyenne de 40 % et une progression des rendements moyens de 47 % par rapport aux systèmes conventionnels (Africare et al. 2010).
  • Goutte-à-goutte : apport d’eau d’irrigation sous faible pression à la base des plantes et distribution au compte-goutte, en surface ou en souterrain, à l’aide de petits tuyaux posés sur le sol ou enterrés. 
  • Semis sous Couvert Végétal (SCV) : travail minimal de la terre, couverture du sol par des résidus de cultures ou des végétaux, rotation des cultures ;
  • Zaï : creusement d’un trou ou poquet dans lequel fumure organique et semences sont déposées (sur terres dégradées et compactées) ;

 

Mesure d'impact

Selon les objectifs du projet et les activités mises en oeuvre, divers dispositifs de mesure hydrologique peuvent être mis en place : 

  • Mesure comparée de pluviosité et de débit via l'instrumentation des sources ou des exutoires concernés ;
  • Mesure de la réduction du ruissellement (et de l'érosion) via la pose de casiers lysimétriques en bas de pente ;
  • Mesure de la réduction de l'Evapo-Transpiration calculée par des formules empiriques mobilisant divers facteurs climatologiques (température moyenne, durée d’insolation, humidité relative, vitesse moyenne du vent, etc.).
  • Mesure de l'amélioration de la Réserve Utile du sol.
     

Au-delà de la mesure d'impact in situ, les résultats de ce travail scientifique doivent permettre de bâtir un argumentaire concret sur le Paiement de Services Environnementaux (PSE) reliant les coûts de la gestion amont du bassin versant aux bénéfices qui en sont tirés par les usagers aval (agriculture et Adduction d'Eau Potable).

 

 

En savoir plus sur nos projets GIRE : PAD Nord Haïti, Zambazamba et Kolorano