Parc Mikea

  • Durée : 4 mois (avril-juillet 2016) / Budget : 34 000 €
  • Partenaire terrain : Biotope
  • Partenaire financier : Wildlife Conservation Society (financement Banque Mondiale)

Contexte et objectifs de l'étude

Mise à feu avant mise en culture © X. Vincke

Face à la forte régression de la couverture forestière que connait la Région Atsimo Andrefana (Madagascar), notamment aux alentours du Parc National de Mikea, Wildlife Conservation Society (WCS) met en œuvre un projet de promotion de coton biologique afin de développer un mode de subsistance alternatif à la culture itinérante sur brûlis pour les populations riveraines.
Dans ce cadre, WCS a sollicité Etc Terra et Biotope pour mener une étude sur la déforestation historique aux alentours du parc afin d’alimenter les scénarios de déforestation future sur la base de données fiables et spatialisées.

 

L’objectif de cette étude était donc de :

  • Cartographier l’étendue de la forêt et les parcelles de déforestation sur une période allant de 1990 à 2015 ;
  • Identifier les causes directes et indirectes de déforestation et l'impact du coton sur les dynamiques passées et actuelles ;
  • Produire divers scénarios de déforestation future selon l'introduction de pratiques alternatives telles que la production de coton biologique.


 

Méthode et résultats

La méthodologie s'est basée sur l'analyse 1990-2015 d’images satellites (méthode similaire à celle ayant déjà fait l'objet de publications du Lab') couplée à des enquêtes de terrain destinées à identifier et localiser les différentes causes de déforestation et leur éventuelle évolution future.

 

Les résultats montrent des taux de déforestation qui atteignaient en 2015 le niveau de 3.82 % / an dans et autour du parc, ce qui situe cette région parmi les taux de déforestation les plus importants de la planète.

 

Traditionnellement, l’agriculture sur abattis-brûlis constitue la principale cause de déforestation mais actuellement, l’impact des feux sur la forêt est en augmentation et est accentué par la dégradation due à (i) l’exploitation illégale mais répandue de palissandre et d'ébène et à (ii) la création de chablis par les cyclones.

Ces feux sont allumés pour plusieurs raisons : volontairement pour l’acquisition facile de nouvelles terres pour l’agriculture ou accidentellement lors de la récolte de produits forestiers non ligneux ou de l’entretien des pâturages.

 

Si la culture du coton a pu, par le passé, être une cause directe de déforestation ou indirecte par le réinvestissement des bénéfices additionnels dans de nouvelles terres agricoles à la lisière des forêts, elle est maintenant cantonnée aux zones de savanes à proximité des axes routiers et de la ville de Tuléar et constitue une source de revenus non négligeable pour les producteurs diminuant ainsi leur dépendance à l’agriculture sur abattis-brûlis. 

 

Les potentiels scénarios de déforestation future (cf figure ci-dessous) ont été construits sur la base de consultations avec les parties prenantes locales (via focus groupes) et montrent qu’en l'absence d’intervention fournissant des alternatives convaincantes et garantissant l’application des Lois, l’intégrité du Parc National de Mikéa est gravement menacée, celui-ci pouvant intégralement disparaitre d'ici 2026 dans le cas du scénario le plus pessimiste.