Facteurs de Déforestation / Dégradation en Côte d'ivoire

Analyse qualitative dans le cadre du programme ONU-REDD

 

  • Lancement : Mai 2016 / Durée : 6 mois / Budget : 48 k€
  • Partenaires terrain : Bureau National d'Etudes Techniques et de Développement (BNETD)
  • Partenaire institutionnel : Secrétariat Exécutif Permanent REDD+ (MINEDD)
  • Partenaire financier : FAO (Programme ONU-REDD) 

 

En complément de la cartographie de la déforestation historique menée par le Bureau National d'Etudes Techniques et de Développement de Côte d'Ivoire, la FAO et le Secrétariat Exécutif Permanent de la REDD+ ont mandaté Etc Terra - Rongead pour identifier et quantifier les facteurs directs et indirects de cette déforestation qui ont fait reculer la surface des forêts ivoiriennes de 7,8 à 3,4 millions d’hectares (10,6% du territoire) sur la période d'étude allant de 1990 à 2015 (cf carte en bas de page). L'étude commandée a aussi porté sur l'analyse des facteurs de dégradation des forêts, autre phénomène particulièrement préoccupant en Côte d'Ivoire.  

 

Dans les sept Zones Agro-Ecologiques (ZAE) de Cote d’Ivoire, l'analyse des facteurs précités a ainsi conduit les diverses équipes d’enquête du BNETD et d’ETC TERRA - RONGEAD à consulter près de 400 personnes sous diverses formes et a permis, au niveau national comme au niveau de chaque ZAE, d’identifier et de quantifier le poids des multiples facteurs directs et indirects de la déforestation et de la dégradation des forêts de Côte d’Ivoire.

 

DEFORESTATION

En terme de facteurs directs, la présente analyse confirme le poids très important de l’expansion de l’agriculture, cacaoculture en tête, dans le processus de déforestation de ces 25 dernières années, ce phénomène étant cité à hauteur de 62% par les personnes enquêtées et cette proportion oscillant entre 22% pour la ZAE de l’Est et 71% pour la ZAE du Sud-Est. Viennent ensuite l’exploitation de bois-énergie (citée à hauteur de 29%), la propagation des feux de brousse (23%) et l’exploitation minière (3%).

En terme de facteurs indirects pouvant expliquer cette déforestation, ce sont les catégories des facteurs économiques (cités à hauteur de 36%) et des facteurs politiques/institutionnels (35%) qui sont avant tout mis en avant par les personnes enquêtées, devant celle des facteurs démographiques (24%). Toutes catégories confondues, les trois premiers facteurs cités sont les suivants : Attractivité économique des activités conduisant à la déforestation (25%), Accroissement démographique, migrations incluses (12,5%) et Guerre / Crise politique (12%).

 

Facteurs directs et indirects de déforestation en Côte d'Ivoire © Etc Terra - Rongead

 

DEGRADATION 

En terme de facteurs directs, la présente analyse confirme le poids très important de l’exploitation de bois d’œuvre, équitablement répartie entre sciage à façon et exploitation industrielle, cette catégorie étant citée à hauteur de 46% par les personnes enquêtées et cette proportion oscillant entre 21% pour la ZAE du Nord et 71% pour la ZAE du Sud-Est. Viennent ensuite l’exploitation forestière (citée à hauteur de 29%), la propagation des feux de brousse (23%) et l’exploitation minière (3%).

En terme de facteurs indirects pouvant expliquer cette dégradation, il convient surtout de noter le poids considérable de la catégorie des facteurs politiques et institutionnels (cités à hauteur de 53%), loin devant les facteurs économiques (24%) ou démographiques (18%) et ce, même si le tout premier facteur exprimé, toutes catégories confondues, est celui de l’accroissement démographique, migrations incluses (cité à hauteur de 17%). Les 2eme et 3eme facteurs les plus cités sont les suivants : Mauvaise (ou In)application des Lois et Règlements (15%) et la Crise des années 2000 (14%).

 

Facteurs directs et indirects de dégradation des forêts en Côte d'Ivoire © Etc Terra - Rongead

 

Au-delà du fait que nous sommes parvenus à quantifier le poids des divers facteurs, ce qui n'est jamais très évident et a pu être validé par un travail indépendant de télédétection de la FAO et du SEP-REDD+, ce rapport a l'avantage de présenter plusieurs niveaux de lecture selon : 

 

  • Les types d’activité : déforestation ou dégradation
  • Les Zones Agro–écologiques
  • Les principaux facteurs directs de déforestation (cacaoculture, hévéaculture) ou de dégradation (sciage à façon, exploitation industrielle, production de charbon de bois)
  • Les groupes de parties prenantes, ce qui est également très instructif quant à la différence de perception d’un groupe à l'autre. A ce titre, il convient de noter que le secteur public s’est largement démarqué des autres groupes de parties prenantes par des perceptions sensiblement différentes, parfois même assez largement biaisées par rapport à certaines réalités objectivement observées ou mesurées.

 

Télécharger ici le rapport dédié aux facteurs de déforestation en Côte d'Ivoire

 

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Cartographie de la déforestation 1990-2000 (orange) et 2000-2015 (rouge) © BNETD